LA PERVERSION NARCISSIQUE : DU VECU

 

 

7 ans en arrière, une proche faisait les frais d'un pervers narcissique.

A mon tour, lorsque je le croisais, je pus rapidement, grâce à son expérience, identifier à qui j'avais à faire.

 

Je me souviens bien de cette rencontre, c'était jour de pleine lune, les mots et les idées s’enchaînaient, une belle énergie circulait. Rapidement il saisit qui j'étais et appuya sur mes cordes sensibles et mon empathie. Il y avait comme une évidence dans l'échange, et assurément, déjà j'étais une proie en train de se prendre dans ses filets.

Intelligence et assurance le caractérisaient. Avec sa carrure, il en imposait, mais tout cela cachait ses ombres, que vite, je détectais.

Quelque chose en lui me gênait, je ne savais définir quoi précisément ; néanmoins il accusait l'extérieur de tous les maux, une espèce de paranoïa latente et de jalousie hors contexte étaient bien présentes.

Sous-entendus, zones de floue, la communication n'était pas fluide, il jouait avec moi, mais jamais de manière frontale.

Relation à peine naissante et déjà,morte dans l'oeuf car je décidais de vite la stopper.

Il revint à plusieurs reprises, je ne rentrais pas dans son jeu et le lien se coupa de lui-même.

 

J'ai croisé d'autres PN (dont des femmes) et à chaque fois, ces rencontres m'ont épuisée et pris beaucoup de mes forces et de mon énergie. Mon ressenti et mon intuition m'ont aidée à ne pas rentrer dans la spirale infernale et à échapper à la destruction. Je reste toujours étonnée de ces profils très intelligents et manipulateurs qui se positionnent en victime et se font passer pour ce qu'ils ne sont pas. Une construction mentale bien spécifique, assez fascinante pour qui s'intéresse à la psychologie. Hors norme, en apparence dans le cadre, au final juste des imposteurs. A détecter le plus vite possible et à fuir dans tous les cas.

 

Je me suis intéressée de près à ce sujet parce qu'il m'a concernée personnellement, que de proches ont également vécu cette situation (sur quelques mois ou plusieurs années), mais surtout parce que ma mère en est morte !

Une vingtaine d'années avec un PN a épuisé toutes ses forces physiques et mentales.

Ce n'était pas mon beau-père, je ne le connaissais pas, je l'avais rencontré une fois parce qu'il s'était porté garant pour moi (moyen utilisé pour éblouir ma mère et lui prouvait qu'il était là pour elle et ses enfants, alors que c'était surtout pour mieux l'embobiner !).

Pressions pour qu'elle quitte mon père et son travail, pour se mettre à sa disposition et à son service. Petit à petit et subrepticement, il l'a éloignée de ses soeurs, de ses amis, de ses enfants et petits-enfants. Au fil des années, l'étau s'est resserré.

Il l'a aveuglée avec ses promesses (jamais tenues), avec son argent, avec le "beau monde" qu'il côtoyé, avec les voyages qu'ils faisaient. Il l'a fait rêver pour mieux l'enferrer, l'isoler du monde extérieur et la déconnecter d'elle-même. Elle fut mise en dépendance matérielle et affective et le piège se referma.

Comment revenir vers les siens quand on s'est éloigné d'eux et qu'on ne sait pas comment s'en sortir et accepter qu'on s'est trompé ?

 

Quelques mois avant la mort de ma mère, j'ai commencé à reconstituer le puzzle et à comprendre dans quel piège elle était tombée, quand lui s'est retrouvé dans le coma, qu'il a failli y rester et qu'elle a commencé à ouvrir les yeux parce qu'il n'était plus là pour la manipuler et l'aveugler. La dégringolade amorcée depuis 2 ans (d'après mes observations et échanges avec ma famille) s'est accélérée.

Depuis longtemps déjà, elle ne dormait plus, m'avait-elle dit. Elle avait également beaucoup maigri et lui dans sa course effrénée l'avait entraînée malgré son épuisement. C'était bien plus grave que ce que j'avais pu imaginer et c'est sa famille à lui qui m'a permis de mesurer la profondeur du trou dans lequel ma mère était tombée.

Elle faisait semblant, comme si tout allait bien, elle avait la tête de plus en plus absente et préférait être dans le déni pour ne pas sombrer face à la réalité outrageusement abominable. Du sombre, de l'argent sale, des magouilles, j'ai mené l'enquête pour y voir plus clair et comprendre. Le peu que j'ai vu m'a fait mesurer l'ampleur des dégâts. Elle a fait comme elle a pu pour tenir toutes ces années, mais trop c'était trop.

 

14 juillet 2016, direction les urgences, j'ai du batailler pour l'y emmener, 38kg, la peau sur les os. Je me suis retenue de ne pas pleurer quand je l'ai vue quasi nue, le corps comme sortant d'un camp de concentration. 2 jours après, examens plus approfondis, veine cave supérieur bouchée, le coeur n'était plus alimenté correctement, intervention d'urgence. Lui était en province, pas pressé de rentrer pour apporter des affaires à ma mère et venir la voir.

Le couperet tombe, cancer des poumons stade 4. A peine 3 semaines plus tard, elle décédait.

 

Ce n'est pas son cancer qui l'a tuée, mais bien son épuisement mental. Les infirmières de nuit m'ont confirmé qu'avant de s'envoler, elle se débattait avec ses propres démons intérieurs, dans une lutte psychologique infernale, à errer dans les couloirs, son sac sur le dos pour partir.

Ses derniers mots pour moi ont été les suivants : "Coco, je suis désolée de ne pas être sympa et agréable, ce n'est pas à vous que j'en veux, mais à moi." Tout était dit !

 

Elle aurait encore pu vivre quelques mois sauf qu'elle n'en avait plus la force. Sa seule issue pour échapper à son bourreau était de mourir. Les siens étaient maintenant réunis à ses côtés, elle les avait retrouvés et pouvait s'en aller, enfin libre.

 

4 août, 23h45, allongée sur son lit d'hôpital, son visage apaisé, enfin elle était délivrée et avait trouvé la paix. Moi aussi je me sentais soulagée que son calvaire silencieux se soit terminé.

 

Il n'avait même pas jugé utile d'acheter des fleurs lors de la crémation.

 

"Pour y voir plus clair, il suffit souvent de changer la direction du regard." Antoine de St Exupéry

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Chantal LAURENCE (jeudi, 31 janvier 2019 16:44)

    C'est déchirant vraiment.
    Bcp de femmes en sont victimes malheureusement. Le plus difficile, c'est d'en sortir. Je sais de quoi je parle. C'est une situation qui vs isole et vs vole votre vie. Après un licenciement, j'suis encore harcelée dans ma vie privée. Des années de démarches, ttes les institutions sont informées, et aussi bizarre que cela puisse paraître, personne ne peut véritablement m'aider. Toutes les portent sont fermées. Je mais comme j'ai la foi en jésus, je ne désespére pas. Je ne j'ai bcp de souffrance, mais je car on m'a volé ma vie.


  • #2

    Administrateur (jeudi, 31 janvier 2019 20:58)

    Comme vous dites, le plus difficile est d'en sortir, mais c'est possible. Ces personnes peuvent manipuler tout le monde si bien que le vrai profil du PN n'est pas connu de tous et qu'ils retournent la tête de leurs interlocuteurs, ni vu ni connu (à son avantage évidemment). Je ne suis pas étonnée qu'il ait continué le harcèlement, parfois il vaut mieux "arrêter le combat" et renoncer à certaines choses pour pouvoir vivre à nouveau sereinement et se reconstruire. Ces situations sont énergivores, épuisantes et on a l'impression que ça ne s'arrêtera jamais. Essayez la techniques des bonhommes allumettes (vous trouverez facilement la vidéo), même si ça ne résoudra pas tout, ça peut permettre certains petits déblocages. Courage à vous