HONORER SES ANCETRES

Le 2 novembre, dans la tradition catholique est le jour des morts.

C'est le monastère bénédictin de Cluny qui, en 998, instaura cette date comme commémoration de tous les frères défunts. Au XIIIe siècle, Rome inscrivit ce jour sur le calendrier de l'Eglise.

 

Dans de nombreuses traditions, on célèbre les morts sous formes de rituels ou de prières. C'est l'occasion d'aller au cimetière, de nettoyer les tombes, de se retrouver en famille et surtout d'honorer la mémoire de ceux qui nous ont précédés.

 

Nul besoin d'être croyant pour faire de ce jour un jour dédié aux ancêtres.

Leur rendre hommage c'est tout simplement célébrer la vie (sans eux, nous ne serions pas là), c'est remercier pour ce qui nous a été transmis et donné, c'est ne pas oublier que nous venons d'un spermatozoïde et d'un ovule, d'une lignée d'hommes et d'une lignée de femmes. Nous sommes le fruit d'une longue histoire qui aura un impact sur notre propre histoire.

 

Célébrer les défunts :

- c'est reconnaître que nous venons de quelque part (même si certains ont des trous dans leur histoire ou des manques, ils ont également des racines qu'il est parfois nécessaire d'aller retrouver),

- c'est accepter que nos ancêtres, même s'ils ont été les pires tortionnaires, n'en restent pas moins des membres de notre lignée (en les reniant, c'est une partie de nous que nous rejetons),

- c'est reconnaître qu'ils ont fait comme ils ont pu dans un contexte donné à une époque précise avec des codes et des modes de fonctionnement différents (d'où l'importance de connaître l'histoire pour mieux comprendre sa propre histoire).

 

Nous avons pu vivre de la frustration, de la souffrance, de la rancoeur, de la honte, de la tristesse, de la violence vis à vis de nos défunts, mais à quoi bon continuer à ruminer toutes ces choses négatives puisqu'ils ne sont plus là. C'est à nous, que nous faisons le plus de mal en ressassant et en alimentant le côté obscur. Pour avancer, il est nécessaire de s'alléger, de déposer les fardeaux afin d'être plus serein et en paix avec soi-même.

 

Respecter les défunts c'est se respecter soi-même.

 

Pour apaiser les douleurs, il est possible de mettre en place des actes symboliques pour agir dans la matière.

Allumer une bougie, faire une prière, planter une graine, écrire une lettre, tous les moyens sont bons pour remercier, honorer ou tout simplement rendre ce dont nous ne voulons pas ou plus.

 

Nous suivons les traces de ce qui nous a été transmis et nous pouvons choisir de ne garder que le meilleur.

 

Pour la mémoire de ma mère qui s'est envolée en peu de temps, mais qui enfin était apaisée, pour ce foetus avorté qui était là juste avant moi et qui a laissé de nombreuses traces, pour mes grands-parents qui ont été un modèle de couple, pour mon grand-père pharmacien dont tout le monde garde le souvenir du "fameux mélange de papi" qui soignait les bobos, pour ma grand-mère qui a toujours su réunir la famille, pour mon oncle et ma tante décédés d'un cancer, pour mon cousin qui s'est suicidé, pour mes arrières-grands-parents que je n'ai jamais connu mais qui ont laissé de nombreuses empreintes, pour la fille de joie dont je n'ai pas encore trouvé le nom, qui donna un fils illégitime à Jean dont le nom resurgit sans cesse et qui a marqué toute la lignée maternelle, pour JP, grand ami de la famille qui m'a considérée comme sa fille. Et pour tous les autres que je ne saurais nommer.

 

Paix à vos âmes